« Je ne sais plus si j'ai mal, ou si c'est l'habitude »

Elle a peur. Terriblement peur. Elle essaie de gommer ses faiblesses, d'enrober son amertume, de cacher ses craintes. Son seul objectif est d'être réduite au rang de particule, de poussière. De vide. Elle a peur de vivre, peur de croire. Et c'est comme ça qu'elle s'efface d'un monde trop vaste à son goût, mais surtout d'un univers trop fantomatique et cruel. Petite fille à perdue son âme dans l'abîme de la vie. Elle l'a égarée pour mieux se protéger, pour mieux estomper, éliminer sa personne. Elle est éprise d'une perpétuelle phobie. Tout s'écrase sous son poids douloureux, tout s'enivre face à son visage fermé, tout se brise sur son passage. Et l'effroi l'envahit, elle n'est personne. Elle ne veux être personne. Elle désire s'écrouler par terre, ne plus vivre avec cette douleur. Cette souffrance d'une âme en peine, mais surtout d'une âme perdue. Disparue. Envolée. Désintégrée. Proie à ce danger, à cette ranc½ur elle préfère s'allonger et pleurer. Ne plus jamais exister. Elle est arrivée à un stade où elle se dégoûte elle même. Pitoyable. Elle ne veux plus vivre, c'est tellement difficile. Un vertige incessant, un gouffre sans fond. Et elle hurle, crie, se décroche la mâchoire, vomi toute sa lâcheté, mais personne ne l'entend. Personne ne l'écoute, elle n'existe pas. Minuscule particule inexistante. Un c½ur à la débauche, qui vocifère sa malédiction. Et ses maux grandissent, et personne ne l'aide. Alors elle s'accroche désespérément au vide, à cette cavité qui l'attire. Elle s'y penche souvent, un peu trop même. Faisant germée dans sa tête, des idées meurtrières...


You cannot help me...
 « Je ne sais plus si j'ai mal, ou si c'est l'habitude »

# Posté le lundi 20 avril 2009 13:11

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 12:34

Seule. Que vais-je devenir sans toi ?

 Seule. Que vais-je devenir sans toi ?
------Mes nuits sont de plus en plus douloureuses. La vie est un calvaire sans fin, vidée et brisée. La plaie est si profonde. Il est minuit presque passé, le bruit de la pluie contre les carreaux vient couvrir les notes de cette chanson triste qui me fait penser à toi. Je remonte les draps par-dessus ma tête, m'enfouis entièrement dans cette chaleur qui se diffuse, se propage, ferme les yeux et me serre contre l'oreiller comme je voudrais me serrer encore une fois contre toi. Je cherche ton odeur, la douceur de ta peau, la chaleur de ton corps et parfois j'en frissonne. Ton visage est un endroit qui a marqué ma vie. Je te voudrais de nouveau, je te voudrais partout, partout où tu n'es pas et où je te sens pourtant. Les souvenirs ne veuillent pas me laisser en paix. Ils s'acharnent, s'accrochent sont agrippés à cette envie de te retrouver. Sans tes bras je ne me reconnais plus. Tu étais la touche qui harmonisait le paysage, la bouffée de vie qu'on ne voudrait jamais délaisser. Toute ma vie s'est précipitée dans tes yeux et depuis je reste là, sans passé ni futur, avec pour unique présent cette envie de toi qui m'habite mais ne me dévore pas Rien ne m'a semblé aussi naturel que de t'accepter dans ma vie. Et cette exquise sensation qu'auprès de toi rien ne pouvait m'arriver, m'atteindre, que le monde ne tournait plus, que l'aurore et les nuits se succédaient mais formaient qu'un seul et même instant. Mon bonheur. C'était toi.
------Le soleil se lève et le moment d'ouvrir les yeux arrive. C'est alors le sursaut, la pression appuyant le couteau dans la plaie ouverte, et soudain la vie reprend sans toi, la vie où je te perds. Pourquoi es-tu parti ? Comment as-tu pu me laisser? Et mes pensées fusent, les questions s'entrechoquent. Est-ce une dépression ? Est-ce de la folie ? Tu me retenais en vie. Alors, je ne sais pourquoi ni comment je me lève, sur mes joues la trace de mes larmes ressemble à ton sourire effacé, le rouge et noir bordant mes yeux accentue mon teint pâle. Dans nos rêves respectifs peut-être que l'on a su s'aimer, rester liés. Comme promis. Oui, car un jour, peut-être qu'il existe quelque part dans le monde un endroit où l'on se retrouvera. Je te garde enfoui au milieu de mes rêves.
------Maintenant, je me sens seule, si seule. Une grande solitude qui s'étend au-delà de ces rues mille fois longées, une tristesse infinie dont la forme toujours s'échappe, un désespoir sans fond que rien ne peut représenter. Je continue à marcher, vide de tout, vidée de moi-même et du monde par cet espace aux dimensions gigantesques qui me nargue et me défie, je continue mon errance à travers cette ville sans nom et sans visage qui toujours s'enfuit et vous refuse son aide.
------Je n'en peux plus de devoir constamment devoir lutter contre ce que je ressens, de devoir cacher ce mal qui me ronge un peu plus jour après jour, de devoir faire face et accepter l'idée que tu m'aies abandonné ici. Alors, j'admire l'espoir que portent les autres vers l'avenir et l'amour et me sens pathétique. Tellement pathétique de souffrir autant, mais que puis-je faire ? L'acceptation est le seul remède qui se présente, seulement cette douleur est intense, beaucoup trop intense à l'heure actuelle. Je n'ai rien à penser que des images trop usées qui n'éveillent plus rien en moi, que des regards trop irréels qui crient devant mes yeux la réalité de ma solitude. J'ai tout perdu ou on m'a tout volé, quelle importance, cela ne changera rien, même la rancune et le désir d'une vengeance ont disparu dans l'ombre du désespoir. Il ne reste rien sur mon chemin, qu'un désarroi profond et teinté de malheur. Les murs n'ont pas de message, les passants pas d'âme, les trottoirs pas de voix et mon c½ur ne crie que pour un « personne » inconnu, peut-être celui de mon être, peut-être celui d'un souvenir, je ne le saurai jamais.
------Que faire de moi ou plutôt que faire contre moi ? Cette question s'est découragée à force de recevoir mon indifférence. D'autres mots sont venus s'y décalquer et la phrase défile au rythme de mes pas : « Où errer, quel quartier choisir pour traîner ma détresse, dans quel café échouer avec mon amertume ? » Des voitures passent, des gens me croisent, des lumières s'allument, je traverse des carrefours, suis des avenues, longe des boulevards... Ces lieux ne me disent rien, que leur impersonnalité, ils ne représentent rien, que la froideur de l'insignifiance. Et pourtant, je m'acharne à y chercher un quelconque indice, ne serait-ce qu'un regard chaleureux, un geste véritable, une parole murmurée. Je sais que je découvrirai rien mais qu'importe, que pourrais-je faire d'autre, attendre d'autre, espérer d'autre ? Rien. Ce rien meurtrier...

------Je te garde enfoui au milieu de mes blessures, mal retenu par mes points de suture. La vie ne peut plus rien avoir de bon si elle n'a plus rien de toi.

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 12:55

Modifié le lundi 09 novembre 2009 06:24

J'aurais aimé être la fille que t'aurais eu peur de perdre. .


Voilà ces quelques mots, glissé dans une enveloppe blanche vidée de sentiments. Je l'ai glissé hier soir sous ta porte, j'avais le c½ur au bord des larmes, j'avais envie de vomir tout mon amour. Mais tu n'étais plus là, tu t'étais enfuis dans le vaste monde. Tu m'avais laissé sur le bas côté de la route, et j'étais encore debout, agitant la main en ta direction. J'aurai aimé être la fille que t'aurai eu peur de perdre.

Les souvenirs se fortifient, voulant s'accrocher à la petite bribe et infime parcelle qui nous reste. Le départ à était lancé, et j'ai raté la ligne d'arrivée. Mes genoux sont écorchés, ils saignent. Ça me rappelle alors l'état de mon c½ur. Toi tu es loin devant moi, avec cette jolie fille rousse. Elle n'agite pas la main dans ta direction, elle, elle te la tient. Elle est à tes côtés, et non à côté d'une route charnue et déserte. Où même le vent à peur de s'y pénétrer. Je suis seule. Et je me demande alors, ce que cela aurait pu être. J'aurais aimé être la fille que t'aurais eu peur de perdre.

J'aurais aimé être la fille que t'aurais eu peur de perdre. Celle que tu aurais cherchée pendant des heures. Celle qui t'aurais manquée, chaque seconde un peu plus. Tu aurais arpenté les rues, haletant, plein d'espoir à chaque croisement. Tu aurais crié, hurlé mon prénom, jusqu'à t'en écorcher la gorge. Et puis, comme un miracle, comme un rêve, un conte de fées, on se serait retrouvé. Et rien d'autre n'aurait compté. Seulement, nous, ensemble.

Des années plus tard, une autre époque, ou longtemps avant cela, en me glissant derrière une porte, j'aurais surpris une conversation. Je t'aurais entendu parler de moi. J'aurais entendu ce sourire dans ta voix, une note mélodieuse, au milieu d'une partition morne et fade. En fermant les yeux, j'aurais pu imaginer l'étincelle dans ton regard. Mais, lentement, je serais remontée me coucher, guidée par ce bonheur soudain. Tu ne l'aurais jamais su : le plaisir aurait été gâché. J'aurais gardé ce secret avec moi, comme un trésor. Ta fierté aurait été mon plus beau cadeau.
Oui, j'aurais aimé partager ces souvenirs avec toi. J'aurais aimé être cette fille-là, pour toi. J'aurais pu compter sur toi, tu aurais été fier de moi. J'aurais cru tous tes mots, comme des paroles divines. Toi, le Héros. On aurait été les Exilés, réunis dans notre bonheur, réunis par notre complicité.

Je suis fatiguée, brisée, apeurée. Tu n'es plus là. Et c'est dans la rue sombre, allumée d'un réverbère, que je pense à toi. Elle est faible cette lumière, elle clignote même. Et c'est alors que je me dis, que ça aurait été ça. Il y aurait eu des obstacles, qui nous auraient montré la pénombre du monde. Mais, Je t'aurais toujours éclairé, toujours. Et mes mains dansent alors sur un piano. Laissant couler mon amertume, faisant envoler ma peine, et couvrant mes notes de mon amour perdu. J'aurais pu être cette fille, j'aurai pu te prendre dans mes bras pour te réconforter, j'aurai pu t'embrasser jusqu'aux entrailles, j'aurai pu grignoter ton âme jusqu'au petit matin. J'aurai pu. J'aurai voulu. Mais cette histoire n'est pas la nôtre. Un destin inventé, une âme affriolée, et un mirage trop convoité.


Et devant ma partition, devant ma lettre au parfum de l'automne, et devant mon organe solitaire,
Je pourrai lire en caractères gras, Pourquoi tu t'acharnes comme cela ?

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 14:19

Modifié le mardi 10 novembre 2009 14:32